C'est ça qui est ça

ADISQ

Publié le lundi, 30 octobre 2006

Des fois, au Québec, on est bizarres... ou hypocrites?

Cette année, la sensation au Gala de l'ADISQ, était la présence du groupe québécois veudette internationale, Simple Plan. En fait, l'ADISQ a plus ou moins créé des catégories pour qu'ils puissent être en nomination.

C'est bizarre. Tout d'un coup, au début de l'an passé, les médias québécois se sont rendus compte qu'il y avait un band de ti-culs francophones qui remplissait des stades un peu partout dans le monde. Tout d'un coup, il fallait parler de Simple Plan, il fallait les inviter partout. Ils étaient cool, on en était fiers.

En fait, jusque là, ça va. Moi-même, bien que leur musique me laisse froid, j'ai plus de respect pour leur succès que pour celui d'une Céline. Du punk-pop bien torché, qui passe bien et qui plaît aux ados de la planète. Parfait. Le problème ici, c'est que Simple Plan était passé inaperçu dans nos médias pour une seule et unique raison: ils chantent en anglais.

C'est le psychodrame des groupes québécois: chanter en français et ne faire carrière qu'au Québec (ou presque) ou choisir l'anglais et devenir des parias.

Par exemple, à leur début, les Respectables chantaient en anglais. Quand sont-ils devenus des vedettes au Québec? Quand ils on retrouvé Molière.

Sinon, il faut un succès vraiment incroyable pour que vous soit pardonné votre usage de la langue du ROC. Comme celui de Simple Plan, ou de Céline.

Et l'hypocrisie dans tout ça? Si vous suivez le monde de la musique, vous savez peut-être qu'il y a, depuis environ deux ans, un buzz autour de la scène montréalaise. Pas un buzz à Rimouski ou à Federicton. Un buzz à New York, à L.A., à Londres. Le fer de lance de cette mouvance, c'est Arcade Fire. La vague Montréal durait depuis un an déjà lorsque les médias francophones ont commencé à parler d'Arcade Fire. Pourtant, le groupe avait été nommé groupe de l'année par le magazine Rolling Stone et ils avaient la bénédiction de David Bowie. En plus, Funeral est vraiment un bon album.

Est-ce qu'on a vu Arcade Fire à l'ADISQ? Non. Est-ce que les Wolf Parade, The Dears, Godspeed You! Black Emperor, Kid Koala reçoivent l'attention qu'ils méritent dans les médias francophones? Surtout pas. Même si ces artistes jouissent d'une réputation internationale, ils sont copieusement ignorés par nos médias.

Un dernier exemple. Il n'y a pas si longtemps, je vous parlais du film Metal: A Headbanger's Journey. Dans ce film, on voit un ado californien dans sa chambre. Sur le mur, un poster de Voïvod. Voïvod, c'est un groupe métal québécois connu à travers le monde, qui a marqué le genre. Assez d'ailleurs pour que leur nouveau bassiste ne soit nul autre que l'ancien bassiste du groupe Metallica, qui a vendu des millions d'albums dans le monde. Mais Voïdvod chante en anglais...

On peut dire de Godspeed, Kid Koala ou Voïvod que ce ne sont pas des groupes grand public. C'est vrai. Mais ce ne l'est pas pour Arcade Fire, Wolf Parade ou Bran Van 3000. Il serait peut-être temps de reconnaître que la culture québécoise n'est pas que francophone et d'assumer ces beaux succès, même s'ils sont dans la langue de Shakespeare. Ou, au moins, arrêter de jouer aux surpris quand ils sont tellement populaires qu'on ne peux plus se permettre de les ignorer.

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