C'est ça qui est ça

A History of Violence

Publié le lundi, 15 mai 2006

J'aime Cronenberg. Surtout ses classiques — Naked Lunch ou Dead Ringers — et ses premiers films de série B, Rabid ou Videodrome (si on peut dire que c'est du B). J'avais plutôt aimé son dernier, Spider. A History of Violence, contrairement à l'opinion générale, m'a vraiment déçu.

À part quelques scènes plus érotiques que celles auxquelles il nous a habitués, Cronenberg nous amène exactement là où on pense qu'il va aller. Pire, il va exactment là où n'importe quel tâcheron (merci à André Forcier pour l'expression!) hollywoodien serait allé. Le scénario est d'une telle banalité que j'avais l'impression de regarder un téléfilm à TQS. Le gars est un ancien tueur, qui s'est fait une nouvelle vie, qui va retrouver ses anciens copains et les buter pour avoir la paix. Voilà. Plus besoin de voir le film. Aucun punch, aucune surprise. Quand le héros est tenu en joue par son ancien ennemi, tu sais que son fils va lui tirer dans le dos. C'est évident, on a vu ça des milliers de fois avant. Come on, on a vu mieux!

Au moins, William Hurt est plutôt cool dans un contre-emploi de méchant mafioso parvenu.

Pour ce qui est du point de vue sur la violence, celle qui est superflue ou celle qui est nécessaire, c'est vrai, A History of Violence en parle. Il dit ce qu'on s'attend qu'il dise, sans plus. Parfois, on ne peut pas s'en passer, certaines situations (un ancien gangster qui vous en veut, le bully de l'école qui ne vous lâche pas) ne peuvent être réglées que par la violence. Ouais, OK, c'est un peu à contre-courant, mais ça ne rachète pas le film, désolé.

Conclusion : que Cronenberg arrête de surfer sur sa réputation et qu'il retourne à ses bestioles visqueuses — parce que moi, en tout cas, j'aimais mieux ça...

Placé dans Cinéma

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