C'est ça qui est ça

Galas d'ici et d'ailleurs

Publié le dimanche, 6 mars 2005

Ça fait quelques années que je jette un oeil sur les Oscars, depuis mon arrivée à Montréal en fait, puisque CTV diffuse le gala américain. Cette année, particularité : les Academy Awards sont remis en même temps que les Oliviers au Québec. Comparaison.

On ne peut évidemment pas comparer la technique, ni évidemment le nombre de millionnaires au pouce carré. Par contre, je peux vous dire, pour le peu que j'en ai vu, que les Oliviers semblaient beaucoup plus allumés que les Oscars. Je ne dirai pas que c'était bon, je n'ai que zappé sur le gala de l'humour. Assez pour constater qu'il se passait quelque chose, qu'on essayait des trucs.

Si vous écoutez les Oscars quelques années de suite, vous réaliserez à quel point c'est un show insignifiant et prévisible — même pour les gagnants (enfin, presque). Le petit monologue d'ouverture, les tounes de films toutes pareilles (sauf quand on a Les Triplettes, mais ça ne gagne pas anyway), les mégastars qui présentent les prix les fesses serrées en lisant sur le télésouffleur et, finalement, les vedettes qui remercient Dieu. Voilà, c'est tout, maintenant vous pouvez vous contenter d'aller lire la liste des gagnants sur Internet.

Au moins, au Québec, on fait quelques folies, il y a des sketches, des chansons (même des bonnes de temps en temps). Aux Oscars, non, c'est plat, régulier, sans surprises. Le pire c'est les chansons : la moitié proviennent de films de Disney, les autres sont des ballades chantées pendant le générique de fin. Étonnamment, cette année ni Sting, ni Phil Collins ni Elton John n'étaient en nomination. Ça nous aura au moins épargné ça. Quoiqu'on ait dû se taper Beyoncé...

Dans le fond, c'est normal que les Oscars soient ce qu'ils sont. Ils sont à l'image du cinéma qu'ils célèbrent. Un cinéma mené par l'argent, une industrie, où le prix du meilleur film est remis au producteur, puisque les scénaristes et réalisateurs ne sont que des artisans parmi d'autres. On est contents quand Arcand, Polanski ou Almodovar gagnent ; que Sean Penn reçoit sa première statuette. C'est mérité — j'en voudrais une moi aussi, je suppose.

Pourtant, quand je vais au club vidéo et que j'ai envie de voir un vrai bon film, du vrai cinéma, mon choix est très rarement influencé par un Oscar.

Placé dans Culture

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