C'est ça qui est ça

Supersize Me + Les aimants

Publié le mercredi, 13 octobre 2004

Pour cette semaine — et pour rattraper mon retard dans mes chroniques cinéma — je vous offre, en super-prime, deux critiques de films. Deux très bons films, totalement opposés : le premier vous fait vous sentir beurk, le deuxième vous accroche le sourire aux lèvres.

Feel bad movie

Vous avez sûrement entendu parler de Supersize Me, lors de sa sortie en salle il y a quelques mois. Maintenant disponible en DVD, ce documentaire mets en scène son réalisateur, Morgan Spurlock, qui se soumet à un régime particulier : pendant un mois, il ne mangera que ce qui est disponible chez McDonalds, pour tous ses repas, matin, midi et soir.

Au départ en excellente santé, il terminera le mois avec 25 lbs de plus, un plus grand risque de maladie coronarienne et, surtout, le foie d'un alcoolique. Comme lui dit son médecin :« Si vous étiez alcoolique, je vous dirais que vous allez probablement mourir. »

Malgré ces résultats étonnants — et freakants, j'avouerai — le ton du film reste léger, distrayant, un peu comme les documentaires de Michael Moore. Ce qui n'enlève rien à l'impact du film : ça vous coupe l'envie de junk food assez vite merci ! C'est pour ça que c'est un feel bad movie : tout du long, on repense à ces Big Macs, ces rondelles d'oignon, ces poutines qu'on a mangés, il n'y a pas si longtemps... Pis on se sent pas très bien.

La force du film, c'est qu'il est irréfutable (en tout cas difficilement, à mon avis). Contrairement à d'autres documentaires engagés (tousse tousse — Farenheit 9/11 — tousse tousse), Spurlock nous soumet des faits : les résultats médicaux sont difficiles à remettre en question. Même si sa blonde est végétalienne, qu'elle prétend qu'il n'est plus bon au lit, on ne peut nier qu'il a de la bedaine et presque une cirrhose du foie. Ça fait peur, ça fait réfléchir et ajoutez à ça toutes les données présentées sur les lobbies agroalimentaires, la bouffe dans les école américaines, la publicité et on a un film qui marche, qui passe le message et qui, en plus, s'écoute vraiment bien.

Je propose qu'on le présente le plus tôt possible dans nos écoles secondaires, ça ne ferait pas de tort...

Feel good movie

Ces temps-ci, on en a que pour Les aimants, le premier film d'Yves Pelletier et on a bien raison. C'est une bonne comédie romantique légère, amusante et pas kétaine.

Au début, le film est un peu confus, on ne comprends pas très bien ce qui se passe. Ensuite, les choses se place et on savoure mieux le film. L'histoire, d'ailleurs, est assez compliquée à décrire sans donner de punchs : Julie revient d'Amérique du Sud retrouver sa soeur Jeanne qu'elle avait quittée cinq ans plus tôt parce qu'elle lui avait volé son chum. Jeanne vit avec Noël, avec qui elle est fiancée, mais ils sont tellement occupés qu'il ne se voient presque jamais et communiquent avec des petits mots aimantés sur le frigo. Jeanne, qui veut passer quelques jours avec son ex à Ottawa, demandent donc à Julie de la remplacer et d'écrire à sa place les petits mots, pour que Noël ne s'aperçoive de rien. Évidemment, c'est là que tout commence...

Yves Pelletier a fait un fort joli film. Comme je l'ai dit, l'histoire est un peu confuse à certains moments et les hasards de la vie sont un peu trop calculés. On lui pardonne, parce que ça serait bouder son plaisir.

La musique est aussi plutôt bonne. Elle souligne bien le film et on ne peut s'empêcher du sourire lorsqu'on entends Bach joué au thérémin. Et il y a évidemment la chanson-thème du film, Tu m'aimes ou tu ments qu'on entend de plus en plus à radio et qui nous reste en tête à la sortie du film : je vous mets au défi de sortir sans chantonner de « Pa pa pa pa pa » !

Placé dans Cinéma

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