C'est ça qui est ça

Méchant dimanche soir

Publié le lundi, 13 septembre 2004

Ouais. Un méchant dimanche. Méchant comme dans méchant, pas fin, grinçant, « m'a t'dire la vérité en pleine face ». Méchant comme dans ça ne se fais plus souvent au Québec. Je viens de regarder la première de Tout le monde en parle à Radio-Canada, avec Guy A. Lepage, secondé par Dany Turcotte.

Je ne savais pas que c'était la version québécoise du show d'Ardisson en France et je ne savais pas à quoi m'attendre, si ce n'est par la présence de Lepage, qui promet toujours beaucoup, sans toujours livrer la marchandise comme il faut. Il s'en est pas trop mal tiré, même si ce n'était pas parfait. On devinait qu'il avait planifié ses attaques, au point d'être presque complaisant avec certains invités (comme Nelly Arcan et Corneille). Ce fut quand même de bonnes entrevues. Il y a quand même eu quelques questions embarrassantes pour Nelly Arcan et pour Stéphane Quintal. D'ailleurs, ce dernier avait une candeur et une honnêteté plutôt sympathique, même s'il marchait sur des oeufs et était visiblement mal à l'aise.

Le croustillant de la soirée est venu avec les autres invités, qu'ils soient présents ou non. Il y en a un qui a choké : Patrice Demers, venu défendre CHOI FM et l'animateur Jeff Fillion. Le pauvre a fui lorsqu'il s'est rendu compte qu'il allait avoir à répondre à des questions, voire à des attaques ; quand il a réalisé qu'il n'était pas invité pour simplement vendre sa salade, mais aussi pour rendre des comptes. Évidemment, c'était très mal calculé de foutre le camp comme ça. Les autres se sont allègrement payé sa tête, en plus de diffuser la charmante prose radiophonique de l'ami Fillion, qui avait lui aussi refusé l'invitation à l'émission. Demers est réinvité la semaine prochaine et a intérêt à y être, s'il tient au peu de crédibilité qui lui reste.

Les autres invités étaient : Véronique Cloutier, Gilles Duceppe et Anne-Marie Losique. « Véro » a donné une entrevue correcte en établissant les limites tout de suite : je ne parlerai pas de papa. Point final, rien à faire — et, tant qu'à moi, c'est correct. Par contre, lorsqu'elle dit que toute la polémique entre son chum et Péladeau ne la concerne pas, là, on n'y croit pas une miette. C'est évident qu'elle fait du gros PR et qu'elle ne veut surtout pas se mettre PKP et Cie à dos. Qu'est-ce que vous voulez, elle est fine la p'tite Véro, elle ne veut pas faire de la peine au monde.

Duceppe a donné une bonne entrevue et s'en très bien tiré lorsqu'il a joué à Paul Martin, poussant même l'imitation. Il a repris du poil de la bête aux dernières élections et paraissait un peu moins mou que d'habitude. Mais il va falloir qu'il comprenne qu'il n'est pas humoriste et que ce n'est pas parce qu'il nous a fait rire en Paul Martin qu'il peut faire des blagues à tout bout de champ. Couché, Gilles ! D'ailleurs, il fallait lui voir la face quand Lepage lui a rappelé son passé marxiste-léniniste... Une erreur de jeunesse, dit-il. En tout cas, il s'en serait passé ce soir.

Mais la partie costaude de la soirée est venue avec Anne-Marie Losique. En fait, ça a presque saigné. Personnellement, Losique m'a toujours horripilé en tant qu'animatrice. Je la trouve insupportable, ridicule et je suis parfaitement d'accord avec Gérard Jugnot qui l'a qualifiée d'asticot ahuri (c'est vrai, je l'ai vu à Box Office, l'émission de Losique). Pourtant, après l'avoir vue à Christiane Charrette et à d'autres émissions, je la croyais plutôt intelligente et prête à parer les coups. Faut croire que ce n'était qu'une apparence (ou, comme elle s'en est défendue, la fin d'une dure journée), parce que ce fut un massacre. Elle a été incapable de vendre son show, même en jouant les agaces ambigües « je couche avec les filles même si je fais des lèvres cochonnes à tous les gars que je croise ». Alors qu'elle s'effondrait déjà sous le barrage de questions Guy A. Lepage et les remarques de Dany Turcotte, c'est Véronique Cloutier, bitch finie, qui est venue l'achever avec une remarque impitoyable sur son rouge à lèvre glossy (en fait, pas glossy, mais GGGLLLLOOOOSSSSSYYYYY, j'en suis presque devenu aveugle). Finalement, Véro, quand elle veut, elle est méchante en crisse.

J'ai bien aimé, finalement, Tout le monde en parle. Deux heures, c'est un peu long, mais quand ça bitche, ça passe plus vite. Guy A. Lepage et Dany Turcotte ne sont pas encore vraiment à l'aise. On dirait que Turcotte voudrait frapper plus fort, mais pas trop : il a trop tendance à s'excuser après avoir lancé une vanne. C'est son rôle, qu'il l'assume. Quant à Lepage, on verra s'il réussit à se détendre et à moins s'accrocher à ses cartons. Quoi qu'il en soit, je serai là dimanche prochain et j'espère que le gars de CHOI aussi...

Placé dans Culture

Commentaires

Tout le monde en parle, je préfère la version francaise...plus large et plus diversifiante. J'aime Ardisson, contrairement à la plupart des Québécois...Et je suis d'accord avec lui lorsqu'il parle de notre accent, au québec nous parlons mal, et je suis du nombre..J'ai honte à m'entendre parler, je n'ai pas de richesse de vocabulaire et de prononciation, comme cela demeure triste de limiter une si belle langue que le francais...Tout le monde en parle format québécois me colle déjà l'angoisse au ventre, pas encore les mêmes..La même petite clique artistique québécoise qui lave son linge sale en famille québeécoise. En fait je suis fatiguée que l'on nous prennent pour des matantes ou des mononcles imbéciles, naifs et gobeux de n'importe quoi...Tout le monde en parle québecois me fait m'ennuyer encore plus fortement de Marc Labrèche qui selon mon avis est le plus grand animateur de talk show du Québe. Intelligent, moderne, sensible, excellent improvisateur, lui il ne se prenait pas pour un autre. Tout le monde en parle québécois est la continuité évidente de notre manque de courage et d'imagination au québec envers les nouvelles tendances, les autres idées, les autres visages, les autres esprit...Au québec on s'ennuit et si on n'ose pas le dire et bien inconsciemment on l'exprime dans notre télévision, notre littérature, notre théâtre, notre radio et notre presse...De mon coté j'aime bien tourner mon regard vers les autres cultures, cela me permet d'ouvrir mes ornières...

Par aline — octobre 1, 2004 02:08 AM

C'est drôle, puisque je viens juste de voir le reportage de Zone Libre sur la qualité du français dans les médias québécois et j'apporterais la nuance suivante: il y a une différence entre vocabulaire et accent. Je suis fier d'avoir un accent et des expressions québécois. C'est ma culture, mon identité, c'est ce qui fait que je ne suis pas Américain - ni Français. De dire que mon accent date du XVIIe est méprisant et colonialiste; qu'en est-il de l'accent sénégalais, haïtien et, pourquoi pas, belge? L'attitude d'Ardisson le place directement dans la catégorie "maudit français".

Par contre, le manque de vocabulaire est une autre chose et je suis d'accord que le niveau est à la baisse dans beaucoup de médias au Québec. Il ne faut pas généraliser, il y a des fois où cela fonctionne. Mais, comme le disais déjà le Frère Untel dans ses Insolences, la richesse du vocabulaire d'une nation est le reflet de ses capacités... J'y reviendrai, je crois ;-)

Pour ce qui est de Tout le monde en parle, comme je l'ai souligné, je ne peux comparer avec l'original. Tout ce que je sais, c'est que je suis content d'avoir une émission qui brasse la cage, qui remet en question sans mettre de gants blancs. Nous sommes souvent trop complaisants entre nous et il faut parfois se remettre en question. Ça ne veut pas dire que le travail de Guy A. Lepage et de Dany Turcotte soit impeccable - quoiqu'il est un peu tôt pour en juger après seulement trois émissions.

De plus, il est clairement établi que l'émission présente des gens qui font l'actualité. Par conséquent, elle ne va pas servir de véhicule pour la découverte de nouveaux talents. Ceci dit, une émission dont ce serait justement l'objectif manque cruellement à notre télévision, effectivement.

Par Jonathan — octobre 2, 2004 12:47 AM

Moi aussi, j'ai mon mot à dire

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