Publié le samedi, 4 septembre 2004
C'est toujours un peu difficile pour nous (en tout cas, pour moi) de se rappeler des noms des acteurs ou des réalisateurs asiatiques, trop compliqués ! Par contre, après avoir vu Vivre !, j'ai retenu le nom de Zhang Yimou. J'ai ensuite vu le joli The Road Home et l'amusant Happy Times, deux films beaucoup plus modestes et j'étais séduit par le cinéma de Yimou.
Lorsque j'ai vu la bande-annonce de Héros, je n'aurais jamais cru qu'il était de Yimou. J'ai plutôt eu la réaction que beaucoup d'autres : « Tiens, ils essaient de capitaliser sur le succès de Tigre et Dragon ». Héros n'a rien à voir — enfin presque.
Presque, parce que oui, c'est vrai, les personnages se battent à l'épée et volent dans les airs. Ce sont aussi des guerriers légendaires, hors pairs. Cependant, Héros est plus... chinois. On nous raconte une légende millénaire, de façon maniérée, très asiatique, comparativement à une narration plus conventionnelle dans Tigre et Dragon (sans vouloir enlever quoi que ce soit à l'excellent film d'Ang Lee). La légende de Sans-Nom, chargé par le roi de Qin de tuer les assassins qui veulent l'empêcher d'unifier la Chine, alors divisée en six royaumes. Sans-Nom devra affronter les trois plus grands assassins : Ciel Étoilé, Flocon de Neige et Lame Brisée.
Le film commence de façon abrupte et l'atmosphère tarde un peu à s'installer. Pourtant, peu à peu, on se laisse prendre et le film, finalement, se termine trop tôt... C'est d'abord par les images que Héros laisse sa marque. Non content de nous présenter des décors naturels somptueux, Christopher Doyle (qui a aussi travaillé sur le superbe In The Mood For Love de Wong Kar-Wai) joue avec la couleur des costumes, des décors : le rouge de l'école de calligraphie, le vert du palais. Il travaille aussi beaucoup avec les tissus, autant les vêtements que des accessoires. Le résultat est superbe, pénétrant, la photographie est simplement extraordinaire.
Le scénario est aussi très bien écrit et la trame narrative du film solide — c'est tout ce que j'en dirai, parce que... ;-)
L'interprétation de Tony Leung et Maggie Cheung (aussi tous deux d’In The Mood For Love) est brillante, juste et touchante. Maggie Cheung passe de la froide assassine en guerrière amoureuse de façon admirable. Par contre, Jet Li suffit à peine à son personnage qui, heureusement, n'en demandait pas plus, même s'il est le personnage principal.
Héros reste un peu plus froid que Tigre et Dragon, mais est tout de même un film différent, avec une approche différente, qui tient plus du conte, de la légende que de l'épopée ou du roman. Une photographie superbe, une belle interprétation, une grande histoire : profitez-en, ça vaut la peine de le voir sur grand écran.
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