Publié le dimanche, 8 août 2004
Ça ne me tentait pas plus que ça de regarder La face cachée de la Lune de Robert Lepage. Ses dernières démêlées avec les journalistes m'avaient agacées et, d'après les critiques que j'avais lues, je m'attendais à un film un peu aride et narcissique.
J'ai beaucoup aimé La face cachée de la Lune. D'abord pour son texte: les dialogues sont solides et tiennent bien la route et j'aime bien l'ironie de Lepage (comme dans Nô). Sa ligne sur les restos branchés de la Cité du multimédia était fort à propos!
Je n'ai jamais vu une pièce de Lepage, dont la force est la mise en scène. On sent bien ce talent dans La face cachée de la Lune. Le film est truffé de tours de mise en scène, de jeux de miroirs, aidés par les effets numériques. Les plans sont généralement riches et soignés. Il s'en dégage une atmosphère légèrement onirique, particulière.
C'est l'interprétation de Lepage qui m'a un peu agacé, surtout celle du frère du personnage principal. On comprend bien qu'il voulait faire un personnage maniéré et superficiel (« avec son accent de colonisé »), mais ça reste justement maniéré et superficiel. Il est difficile à prendre au sérieux.
La face cachée de la Lune n'est pas un film aride, mais n'est évidemment pas non plus une suite des Boys. C'est certainement le film de Lepage le plus intéressant depuis Le confessionnal.
Placé dans Cinéma
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